La Petite Dame dans la Grande Maison/The little lady of the big house

Dick Forrest, ancien aventurier rebelle devenu riche propriétaire et exploitant, est à l’apogée de sa vie, heureux auprès de sa femme, Paula. Cette dernière, la petite dame de la grande maison, est d’un caractère libre, simple et passionné. Ils ont construit ensemble leur bonheur, que l’arrivée d’un deuxième homme va bouleverser. Evan Graham, un ami et invité de Dick, tombe amoureux de Paula, qui se découvre prête à aimer deux hommes avec des sentiments d’une égale intensité.

La quatrième de couverture (à retrouver ici) laisse penser que l’histoire de La Petite Dame dans la Grande Maison est celle d’un ménage à trois assumé et « libéré » mais on se rend rapidement compte en lisant le roman que ce n’est pas le cas. L’amitié des deux hommes est mise en pièce par leur amour pour la même femme qui est consciente que les conventions sociales l’empêchent d’aimer deux hommes en même temps. Ce triangle amoureux, qui pourrait se révéler ennuyeux, passionne par la complexité des personnalités des personnages. Dick est la figure du self-made-man américain, de l’homme tel que Jack London l’idéalisait : d’une intelligence remarquable, il contrôle entièrement son ranch, tout en impliquant Paula qu’il aime sincèrement. Evan Graham sort lui aussi de l’ordinaire : aventurier ayant subi un revers de fortune, il se fait journaliste et a quelques talents de pianiste. Et puis il y a Paula. Une femme libre, éternellement jeune et intellectuellement en avance sur son temps. Féministe sans le savoir, elle comprend qu’elle seule peut et doit choisir l’orientation à donner à sa vie. L’histoire se construit autour d’elle, Dick ou Evan apportant leurs points de vue sur sa personne et les personnages secondaires étant tous en admiration ou en adoration devant elle.

Malgré cette figure de femme exceptionnelle, La Petite Dame dans la Grande Maison m’a moins plu que les autres textes de Jack London. Le roman semble moins travaillé (la maladie de son auteur y étant certainement pour quelque chose), l’écriture n’est pas aussi belle que dans Martin Eden ou Radieuse Aurore et j’ai trouvé qu’il y avait parfois des longueurs. En effet l’intrigue ne se met pas immédiatement en place et les scènes de dîners interminables prennent une grande importance dans le récit.

Je vous recommande cependant ce roman pour la joie de vivre (au moins au début) qu’il dégage et communique, pour ses personnages extraordinaires et pour découvrir un Jack London féministe qui créa le scandale en 1916 avec sa Petite Dame dans la Grande Maison.

The little lady of the big house

 

LittleLadyOfTheBigHouseDick Forrest, a former adventurer that became a rich farmer, is at the height of his life and is happy near his wife, Paula. She, the little lady of the big house, has a free, simple and passionate temper. They built together their happiness but one man will break it. Evan Graham, Dick’s friend and guest, falls in love with Paula, who discovers she loves two men.

Dick and Graham’s friendship is ruined by their love for the same woman, Paula, who understands that social conventions forbade her to love two men at the same time. This love triangle, which could be boring, is captivating because of the complexity of the characters’ personality. Dick is the archetype of the American self-made-man, a man as Jack London idealized. He is clever, supervises his ranch and takes Paula’s opinions into account. Evan Graham is also a particular man: he was an adventurer (before being bankrupt), becomes a journalist and plays the piano. And here is Paula. A free and eternally young woman, ahead of her time. She understands that she is the only one who can decide the way her life will take. The story is built around her and all the people of the big house admire her.

Despite its extraordinary woman’s portrait, I don’t like The little lady of the big house as much as the others texts of Jack London. The novel seems a little botched, the writing is less beautiful than it is in Martin Eden or Burning Daylight and I think some scenes were dragged on.

However, I recommend you this book for its “joie de vivre”, its wonderful characters and because it’s the opportunity to discover Jack London feminist ’s side.